
319e de cette liste, David Coulthard est le plus âgé du plateau actuel devant Rubens Barrichello (324e), Giancarlo Fischella (325e) et Jarno Trulli (331e). Ces 4 pilotes sont en Formule 1 depuis longtemps.




Absente à Indianapolis, la Vanwall reviend en France avec Lewis-Evans et Salvadori comme pilotes, ils abandonneront tous les deux. Le grand-prix suivant, celui de Grande-bretagne, sera marqué par la première victoire de la VW5: Moss avait la pole et Brooks l'emporte suite à l'abandon de son coéquipier. La troisième Vanwall, pilotée par Lewis-Evans, termine 7e. En Allemagne, seul Moss entre dans les points, mais Vanwall revient à Pescara: Victoire de Moss et 5e position de Lewis-Evans, Brooks abandonne. En Italie, Evans signe la pole mais c'est Moss qui l'emporte une nouvelle fois après l'abandon du poleman. Brooks qui avait brillé en qualification (3e) n'arrive que 7e.
La Vanwall VW5 revient pour la saison 1958. Cette saison est spéciale: c'est le premier championnat du monde des constructeurs en F1. Jusqu'ici, seul le championnat du monde des pilotes comptait. La VW5, absente en Argentine, marque son retour, et son arrivée dans le saison par une pole position de Tony Brooks, puis un triple abandon! Problème moteur pour Moss, défaillance des bougies pour Brooks et la direction d'Evans a lâchée. Aux Pays-Bas, la VW5 domine tous ses adversaires en qualifications en offrant les trois premières places de la grille à ses trois pilotes. Mais seul Moss sera à l'arrivée et en tête. En Belgique, nouvelle victoire de la VW5: Brooks gagne, Evans est troisième: il y a donc deux des trois pilotes de la VW5 sur le podium. Au grand prix de France, Brooks et Evans abandonnent, Moss sauve l'honneur en montant sur la seconde marche du podium. Stirling Moss signe la pole en Grande-Bretagne, mais la meilleure performance des pilotes de la VW5 à l'arrivée est la 4e position d'Evans. En Allemagne, seul Moss et Brooks sont sur la grille de départ (Brooks 2e, juste devant Moss) et Tony remportera le grand prix. Au Portugal, Moss fait un parcours irréprochable en signant la pole puis la victoire, tandis qu'Evans, parti 3e, atteindra la 3e marche du podium. En Italie, la VW5 se montre également très forte avec la pole de Moss et la victoire de Brooks, seul réscapé de l'écurie à l'arrivée. La Vanwall VW5 arrive ensuite au Maroc pour son dernier grand prix, que Moss remporte après l'abandon de Tony Brooks et l'accident qui coûta la vie à Stewart Lewis-Evans.
En 1957, Moss termine 2e du championnat, Tony Brooks 5e, Evans 12e et Salvadori 18e.
En 1958, Stirling Moss, le Poulidor de la F1, termine à nouveau 2nd du championnat à 1 point de Hawthorn. Brooks arrive 3e et Lewis-Evans, 9e avec 11 points, permet à Vanwall de s'imposer pour au premier championnat du monde des constructeurs, faisant ainsi entrer la Vanwall VW5 dans l'histoire de la F1. Vanwall devance Ferrari de 8 points.
La VW5 aura donc été pilotée par quatre pilotes, tous Britanniques. Roy Salvadori n'aura participé qu'à 1 grand prix mais Stuart Lewis-Evans, Stirling Moss et Tony Brooks ont été très actifs. 7 poles et 9 victoires en 15 grands prix font de cette monoplace une excellente voiture même si la fiabilité n'était pas toujours au rendez-vous.


Divina Galica ne courut jamais en F1 lors d'un championnat du monde. Son premier grand prix fut en Grande-Bretagne, en 1976, mais elle ne se qualifia pas: elle termina son meilleur tour à trois secondes du temps à atteindre pour se qualifier. En 1977, Divina retentera une qualification en Argentine puis au Brésil, mais là encore elle échouera. La première fois où elle participa à une épreuve au volant d'une F1 fut lors de la Race Of Champions qu'elle termina 12e. La seconde et dernire fois fut lors de l'International Trophy. Elle arrêta ensuite la Formule 1. Elle tentera sa chance en F2, puis au 1000 km de Suzuka et en Le Mans Series (en l'an 2000) avant d'arrêter définitivement sa carrière de sports automobile.




Ayant accompagné Patrick Depailler et le futur champion du monde (1979) Jody Scheckter du troisième au dernier grand prix de la saison 1976, puis le même Depailler avec Ronnie Peterson tout au long de la saison 1977, la Tyrrell P34 est la seule voiture dans toute l'histoire de la Formule 1 a avoir été au départ d'un grand prix avec pas moins de 6 roues! 4 roues motrices à l'avant.
L'idée n'était pourtant pas mauvaise. Pourquoi pas une voiture à 6 roues? Seulement, la Tyrell P34 a rarement été à la hauteur. 1 seule pole position en Suède 1976, par Jody. Et une seule victoire, lors de ce même grand prix, toujours par le Sud-Africain.
L'histoire avait plutôt bien commencée. Second et troisième lors du troisième grand prix de la P34, à Monaco 1976, Jody et Patrick signaient un double-podium. Au grand prix suivant, en Suède, Scheckter l'emporte devant Depailler. Première (et dernière) double-victoire de la P34. En France, le grand prix suivant, il y avait une nouvelle fois une P34 sur le podium. Celle de Depailler sur la seconde marche. En grande-Bretagne, elle était remplacée par celle de Jody, qui recommettra ça en Allemagne. En Autriche, deux abandons, aux Pays-Bas, deux petits points, pareil en Italie. La fin de saison set un peu meilleure puisque Depailler, Scheckter, puis Depailler marqueront tour à tour les points de la seconde place. La saison 1976 ne s'était quand même pas trop mal passée pour la Tyrrell qui prend la troisième place du classement des constructeurs. Scheckter et Depailler termineront respectivement 3e et 4e avec 49 et 39 points. Le bilan 1976 fut donc plutôt bon. C'est après que ça se gâte!
Satisfait de la saison 1976, on décide de garder la même monoplace pour 1977. Erreur. Jody Scheckter partit chez Wolf Ford Cosworth, c'est Ronnie Peterson qui le remplace. Au bout de deux courses, Tyrell n'a toujours pas de points. Ce n'est qu'au bout du troisième grand prix que Depailler, heureux troisième, ouvre le compteur de points (en Afrique du Sud). Au quatrième grand prix de la saison, le 17ème de la monoplace, 3 points sont inscrits. Puis pendant deux grand prix, à nouveau plus de points pour Depailler et Peterson. En Belgique, Ronnie signe la 3e place et l'écurie inscit 4 points grâce à Depailler qui marque également un point. En Suède, de nouveau 3 points pour les deux coéquipiers. Les derniers points avant une longue série de vide. 3 grands prix sans points, puis seulement deux en Autriche et un seul en Italie après un échec aux Pays-Bas. Heureusement, Depailler termine second le grand prix du Canada et offre ainsi 6 points à Tyrrell, soit le meilleur résultat de la saison. Puis 4 points inscrits au dernier grand prix, celui du Japon, permet à Tyrrell de revenir sur Brabham au classement général des constructeurs. La P34 temrine donc 5e ex-aequo de la saison. Patrick Depailler termine 8e ex-aquo au championnat avec 20 points tandis que Ronnie Peterson, qui n'a inscrit que 7 points au cours de la saison, arrive à la 14e place du tableau final.
La P34 aura donc fait un bon début lors de sa première saison, en 1976, mais lerreur a été de garder le même modèle en 1977. Une victoire et une pole position, ce sont les meilleurs résultats de la monoplace (Suède 1976)
Informations
Moteurs : Ford Cosworth
Pneus : Goodyear
Chassis: Aluminium monocoque
Poids : 587 kg
Boîte de vitesses : Hewland DG 400
Nbre de rapports : 5
Carburant / Huile : Elf
Réservoir : 191 L
Freins : Freins à disque




Hakkinen, qui luttait depuis plusieurs tours pour trouver le moyen de passer la Ferrari de l'Allemand, est passé à droite de la BAR de Zonta pendant que Schumacher passait à gauche. Mais le Finlandais est ressorti devant l'Allemand... et à remporté le grand prix!
Une vidéo à ne pas louper sur un des plus beaux dépassements de l'histoire de la F1!
Voici une très belle vidéo du magnifique duel qui opposa, en 1979, la Ferrari de Gilles Villeneuve à la Renault de René Arnoux, en France sur le circuit de Dijon.


La guerre FISA - FOCA est une période de l'histoire de la Formule 1 pendant laquelle la Fédération internationale du sport automobile (FISA), et la Formula One Constructors Association (FOCA) se disputèrent le pouvoir et l'argent de la F1, au point de perturber le championnat. Cette lutte, qui a culminé sur la période 1979-1982 ne s'est réellement terminée qu'en 1987, avec la deuxième version des accords Concorde.
Le championnat du monde de Formule 1 est régi sportivement depuis sa création par l'organe sportif de la FIA (Fédération Internationale de l'Automobile) : la CSI (Commission Sportive Internationale). Au début des années 1970, le Britannique Bernie Ecclestone (qui a racheté l'écurie Brabham à l'issue de la saison 1971) entreprend de fédérer en association la plupart des écuries de Formule 1. Rapidement émerge ainsi la FOCA (Formula One Constructor Association). L'ambition de la FOCA est double: Economique. Les revenus générés par les courses ainsi que les dépenses des écuries ont considérablement augmenté, allant de paire avec l'intéret du public pour ce sport. Organisme à but non-lucratif, la CSI ne manifeste qu'un intérêt relatif à l'égard des questions commerciales et les sommes générées par les Grands Prix sont réinjectées dans d'autres organisations d'évenements sportifs. Les écuries, considérant les sommes de plus en plus élévées qu'elles investissent, estiment quant à elles que non seulement il est possible de générer plus de revenus, mais qu'en plus, une part du gateau leur est due. Au nom de la FOCA, Bernie entreprend alors de négocier directement avec certains organisateurs de Grands Prix, garantissant la présence des écuries qu'il représente contre le versement d'une somme forfaitaire de plus en plus en plus élevée. La FOCA va même jusqu'à devenir directement l'organisatrice de certaines épreuves. La FOCA commence également à négocier avec les chaînes de télévision, nouvel acteur (pas encore majeur, mais sur le point de le devenir) du monde des Grands Prix. Sportif. L'organisation strictement sportive du championnat du monde est de la compétence exclusive de la CSI. Mais sur ce point également, la FOCA estime avoir son mot à dire, et refuse de se laisser dicter les modifications du règlement technique, sources de dépenses supplémentaires pour les écuries. La montée en puissance de la FOCA semble irrésistible. Signe d'un rapport de force à son avantage, elle parvient même à faire reculer la CSI qui, courant 1978, avait envisagé ralentir les "wing-cars" en interdisant les "jupes", ces éléments aérodynamiques qui permettent d'obtenir une meilleur circulation du flux d'air sous les monoplaces, et donc une redoutable adhérence dans les courbes. Il s'agissait pourtant pour la CSI d'une question de sécurité primordiale, les circuits étant pour la plupart inaptes à accueillir sans risque des voitures dont les performances avaient tant augmenté. A l'issue de la saison 1978, la CSI qui apparait discréditée par sa faiblesse, nomme à sa tête un nouveau Président, le Français Jean-Marie Balestre. Homme à poigne, il a été élu sur un programme dont le thème principal était la reprise en mains de la Formule 1 par la CSI. Autrement dit, Balestre entend restaurer le pouvoir de la CSI (qu'il ne tarde pas à faire renommer FISA, pour Fédération Internationale du Sport Automobile), quite à s'opposer frontalement à l'ambitieuse FOCA, ce qui ne manquera pas d'arriver. Après avoir obtenu en 1978 que les "jupes" restent autorisées, la FOCA va encore plus loin dans son lobbying en exigeant fin 1979 que les moteurs turbo soient interdits, ou du moins que l'équivalence de cylindrée de 1 à 2 entre moteurs turbos (1500 cm3) et moteurs atmosphériques (3000 cm3) soit modifiée. En 1979, le moteur turbo mis au point par Renault décroche sa première victoire, et tout le monde réalise vite que les turbos ne vont pas tarder à dominer la discipline. Le souci est que la technologie du turbo est extrèmement pointue et coûteuse à mettre au point, un luxe que seuls les grands constructeurs généralistes comme Renault, FIAT (propriétaire de la Scuderia Ferrari) et bientôt Alfa Romeo peuvent se permettre. La FOCA pressent que ses membres (essentiellement les assembleurs britanniques, experts en conception de châssis, mais qui en matière de moteur, se contentent de greffer un V8 Cosworth bon marché) risquent de ne pas survivre à la révolution turbo. Balestre et la FISA n'accèdent pas à la demande de la FOCA de bannir le turbo, et va donc dans le sens des écuries dites « légalistes » que sont Renault (alors unique motoriste turbo du plateau) mais également Ferrari et Alfa Romeo, sur le point de sortir à leur tour un moteur suralimenté. Bien au contraire, la FISA ressort son projet initial d'interdiction des jupes à compter de la saison 1981. La FISA va encore plus loin et tente même d'interdire par réglement tout accord entre un organisateur d'épreuve et un concurrent ou son organisme représentatif (donc la FOCA). La guerre est déclarée. Prise à la gorge par les mesures drastiques de la FISA, la FOCA tente de réagir en menant une sorte de guerilla contre Balestre.
Premier point visé : les briefings organisés avant chaque épreuve par la direction de course, et auxquels les pilotes ont désormais l'obligation d'assister. De leur côté, les écuries FOCA demandent à leurs pilotes de boycotter ces réunions obligatoires. Jean Marie Balestre distribue des amendes aux pilotes absents, mais ceux-ci refusent de payer et récidivent lors de l'épreuve suivante. La FISA monte le ton d'un cran, et menace de suspendre les contrevenants. C'est lors du Grand Prix d'Espagne que la situation arrive à sa limite : les trois constructeurs légalistes refusent de prendre le départ si la quinzaine de pilotes absents aux briefings ne sont pas réellement suspendus. Aucun compromis n'étant trouvé, Renault, Ferrari et Alfa quittent le circuit, immédiatement suivis par les officiels de la FISA. La course a lieu, uniquement avec les écuries FOCA (la victoire reviendra au pilote australien Alan Jones, sur Williams) mais est aussitôt déclarée illégale par la FISA, et retirée du championnat du monde. Dans les semaines qui suivent, tout le monde accepte de mettre de l'eau dans son vin, et l'affaire des briefings boycottés et des amendes non réglées est oubliée. Le championnat 1980 peut donc se poursuivre sans nouvelle perturbation.
Jerez 1980 Alfa romeo , Ferrari et Renault retirent leur F1 du circuit : Le GP aura lieu hors championnat !!
Mais les deux principaux points de discorde entre la FISA et la FOCA que sont l'interdiction des jupes pour la saison 1981 et la manière dont la FOCA court-circuite la FISA en négociant directement avec les organisateurs et les chaînes de télévision, restent toujours d'actualité. Devant l'impossibilité de trouver un compromis, la FOCA brandit la menace d'un championnat de Formule 1 parallèle en 1981 et crée même à cet effet sa propre fédération, la World Federation of Motor Sport, qui voit le jour fin 1980.
En février 1981, la FOCA semble mettre ses menaces à exécution et organise un Grand Prix à Kyalami en Afrique du Sud. Plus que comme le véritable coup d'envoi du nouveau championnat WFMS, ce Grand Prix est à interpréter comme une démonstration de force de la FOCA vis à vis de la FISA. Mais l'effet escompté est loin d'être atteint : certes, le plateau est de qualité (en l'absence des écuries légalistes qui n'ont pas fait le voyage, 19 voitures sont au départ, la victoire revenant à Carlos Reutemann, sur Williams) mais les médias ont boudé l'épreuve, signe que contrairement à ce qu'elle imaginait, la FOCA peut difficilement se passer du label officiel FISA.
Affaiblie par cet échec, la FOCA est contrainte de revenir s'assoir à la table des négociations, qui aboutissent fin mars à la première mouture des Accords Concorde (du nom de la Place de la Concorde à Paris, où la FIA/FISA a son siège). Pour faire simple, ces accords entérinent le partage des pouvoirs entre la FISA (qui conserve toute autorité en matière sportive et réglementaire) et la FOCA avec laquelle la FIA accepte de partager les profits réalisés, en lui laissant l'exploitation commerciale des courses. Chaque écurie recevra une part des profits, proportionnellement à ses résultats au championnat. Ecclestone devient à ce moment le patron officieux de la F1.
La saison 1981 peut débuter, et comme le souhaitait si ardemment la FISA, la sécurité est améliorée avec l'obligation faite aux écuries de renoncer aux jupes coulissantes (qui doivent désormais être fixes) et d'aligner des voitures avec une garde au sol minimale de 6 centimètres afin de réduire à néant l'effet de sol. Mais les ingénieurs (et en premier lieu ceux de Brabham, l'écurie de Bernie Ecclestone) se chargent rapidement de contourner l'esprit de la réglementation en concevant des correcteurs d'assiette permettant aux voitures de respecter la garde au sol réglementaire lors des contrôles techniques (bien evidemment effectués à l'arrêt) mais de s'affaisser et de retrouver l'effet de sol en roulant. Dans un contexte d'apaisement des relations avec Ecclestone et la FOCA, la FISA acceptera de fermer les yeux sur cette "interprétation" de la loi, après avoir pourtant mis son véto à l'étonnante Lotus 88 à double châssis présentée par Colin Chapman lors du GP inaugural à Long Beach et dont la philosophie était identique.
La nouvelle entente FISA/FOCA se manifeste également dans la volonté commune de créer une superlicence, sésame indispensable pour participer au championnat du monde, et dont l'objet est de restreindre la liberté contractuelle des pilotes. Discrètement révélé lors de l'hiver 1981-1982, ce projet aboutit à la fameuse grève des pilotes lors du GP d'Afrique du Sud. Malgré les pressions conjointes de la FISA et de la FOCA pour mettre au pas les rebelles, ces derniers finissent par obtenir gain de cause.
En 1982, l'un des éléments cruciaux de la guerre FISA/FOCA, à savoir l'incapacité des artisans britanniques à lutter contre les grands constructeurs capables de développer des moteurs turbos, reste plus vivace que jamais.
Lorsque la FOCA avait commencé à soulever ce problème en 1979, les Renault turbo commençaient à peine à obtenir des résultats, et les artisans pouvaient encore s'appuyer sur un réglement permissif en matière de jupe. Trois ans plus tard, les choses ont changé: Ferrari et Renault maîtrisent parfaitement la technologie turbo, et les jupes mobiles ont été interdites. Même si la FISA a accepté de fermer les yeux sur les correcteurs de garde au sol, il est indéniable que le rapport de force est de plus en plus défavorable aux Britanniques. Ces derniers vont à nouveau jouer sur la lettre du réglement et faire courir des monoplaces largement en dessous du poids limite, profitant de l'alinéa du règlement qui prévoit que les équipes ont le droit de refaire les pleins de fluides ou consommables avant de passer à la pesée d'après-course. Les équipes ont alors recours à des réservoirs d'eau supplémentaires qui ne trompent personne, et uniquement destinés à "faire le poids" à l'arrivée. A l'issue du GP du Brésil, la FIA décide de sévir et disqualifie le vainqueur (Nelson Piquet, Brabham) et son second (Keke Rosberg, Williams) après que Renault et Ferrari ont porté réclamation.
Les disqualifications de Piquet et Rosberg ayant été confirmées en appel, les écuries FOCA décident, par mesure de rétorsion, de boycotter le GP de Saint-Marin. Sur la grille de départ à Imola, seules figurent les trois écuries "légalistes" traditionnelles (Renault, Ferrari et Alfa) ainsi que Osella (équipe politiquement alignée sur Ferrari), Toleman (équipée d'un moteur Hart turbo), ATS (équipe désolidarisée de la FOCA) et Tyrrell, soit un total de 14 monoplaces. Il convient de revenir sur le cas Tyrrell, l'une des équipes les plus vigoureuses du clan FOCA : Ken Tyrrell avait reçu l'autorisation de la FOCA de ne pas suivre le boycott en raison de sa signature avec un sponsor italien. Il était également convenu que Tyrrell porterait réclamation à la fin de la course contre les possesseurs de moteur turbo. Basée sur un argument technique tiré par les cheveux, la réclamation sera bien evidemment rejetée.
Cet ultime coup de force de la FOCA à l'encontre de la FISA restera le dernier. Ecclestone lui-même ayant signé en tant que directeur de Brabham un accord avec constructeur allemand BMW pour la fourniture de moteur turbo, la fronde anti-turbo qu'il dirige ne tarde pas à devenir sans objet. Rapidement, les autres membres de la FOCA lui emboîteront le pas (McLaren avec Porsche, Lotus avec Renault, Williams avec Honda), rendant obsolète le clivage entre artisans et grands constructeurs.
Les premiers Accords Concorde n'ont été prévu que sur un quinquennat, et en 1987 recommencent des négociations. A cette occasion, la FOCA refuse de continuer 5 ans avec le même système, car des problèmes de promotion des courses leur ont parfois coûté cher. Il est décidé que Bernie Ecclestone crée sa propre société indépendante, nommée Formula One Promotions and Administration (FOPA, future FOA), a qui sera déléguée, par la FOCA, la vente des droits promotionnels de la Formule 1. La même année, Ecclestone renonce à son écurie, et est nommé vice-président de la FIA, la fédération automobile qui contrôle la FISA.
source: wikipedia
-------------------------
Merci à Modena49
-------------------------
Image: Illustration de Jean Graton dans la Bande Dessinée des aventures de Michel Vaillant "Rififi en F1"

En 1959, la référence en matière de voiture de Grand Prix a plus à voir avec son équivalent actuel qu'avec celui de 1950, du moins sur le plan de la conception. A l'inverse, on pourrait presque établir une filiation directe entre la version 1950 et les première années de l'automobile. Le fait que le tournant décisif dans l'évolution de la lignée soit intervenu au cours de la décennie centrale du siècle n'est peut-être pas dépourvue de sens.
La formule en cours en 1950 à l'instauration du Championnat du monde était pour l'essentiel une resucée de la catégorie voiturette d'avant-guerre, laquelle se situait juste en-dessous des Grands Prix, une sorte de Formule 2, au nom près. Son adoption comme Formule 1 après la guerre s'accordait parfaitement aux restrictions de l'époque. On descendit donc des étagères différents types de moteurs Alfa Roméo, Maserati, et ERA 1,5litres turbocompressés dont le bruit d'échappement déchirèrent la froidure économique ambiante pour donner le coup d'envoi de la renaissance de la course de Grand Prix.
Cependant, au milieu des sonorités aiguës, on percevait le grondement grave des Talbot atmosphériques. Néanmoins, elles avaient été autorisées à s'aligner dans la nouvelle F1 aux côtés de voitures plus petites simplement pour faire nombre. C'était une mesure de circonstance, qui eut des répercussions non négligeables sur la conception des voitures de Grands Prix.
Mais pas dans l'immédiat. Car l'Alfa Romeo 158, qui avait dominé la période avant-guerre, resta inchangée au cours de sa deuxième carrière en tant que voiture de Grand Prix. Malgré ses 13 ans, elle faisait toujours référence en 1950, année où elle remporta toutes les épreuves du Championnat. Cela révélait au grand jour le conservatisme qui régnait depuis toujours au sein des bureaux d'études des voitures de Grands Prix : dès lors qu'un thème s'était révélé fécond, on avait tendance à ne plus le remettre en question, se bornant simplement à les faire progresser par l'intermédiaire du développement et d'une mise au point minutieuse.
Les voitures de Grands Prix avaient le moteur à l'avant, et la puissance était transmise aux roues arrières. Cette puissance provenait généralement d'un turbocompresseur, un système entraîné mécaniquement qui comprimait l'air admis dans le moteur et tirait avantage du fait que plus on pouvait amener d'air à l'intérieur des cylindres, plus grande était la puissance que l'on pouvait obtenir. Dans la majorité des cas, ce système alimentait huit cylindres disposés en ligne. L'Alfa de 1950 était en avance sur la plupart de ses rivales en ce sens que la boîte de vitesse était montée à l'arrière pour équilibrer le surcroît de poids de la distribution ; de plus, la suspension des roues arrières était elle aussi indépendante, et pas seulement celle des roues avant. Le châssis sur lequel était boulonnée cette suspension était un cadre en forme d'échelle renforcé par des tubes soudés, le tout caréné par des panneaux métalliques indépendants de la structure. La décélération était assurée par des freins à tambours.
L'industrie aéronautique exploitait depuis longtemps les avantages de la coque porteuse, plus moderne, et des freins à disques. La technologie existait, mais personne ne s'était avisé de l'utiliser.
Dans une période marquée par un tel conservatisme technique, où la route à suivre était plutôt le développement que l'innovation, il n'était pas étonnant que la puissance de l'usine Alfa Roméo impose sa loi aux petites entreprises des spécialistes. Cependant, l'un de ces spécialistes du nom de Ferrari parvint à mettre un terme au règne Alfa.
Cela ne doit rien au génie technique de Ferrari ; ce fut plutôt une question de tactique. Après un essai infructueux pour reprendre Alfa en imposant ses conditions avec une nouvelle F1 turbocompressée, Ferrari prit le parti d'explorer la voie du 4,5 litres sans turbocompresseur.
Les paresseuses Talbot avaient les dimensions pour l'accueillir, et ne pouvaient rivaliser avec les Alfa 1,5 litres qui en 1951 développaient tout près de 400 CV. Cependant, pour obtenir cette puissance, le turbo des Alfa tournait à des pressions telles qu'il fallait utiliser un carburant à la base de méthane à la fois pour le refroidissement et la combustion à l'intérieur du moteur, le revers de la médaille étant une consommation rédhibitoire de 180 litres au 100 km ! Ce qui signifie en revanche qu'il pouvait arriver que sur la durée d'une course les Alfa se trouvent sous la menace directe de Talbot qui ne délivraient pas plus de 220 chevaux, pour la simple raison que les voitures françaises passaient moins de temps dans les stands pour ravitailler.
Il ne devrait pas être difficile, réfléchit Ferrari, de construire un 4,5 litres beaucoup plus élaboré que le vieux moteur type sport de la Talbot. Même si le moteur ainsi obtenu demeurait moins puissant que celui de l'Alfa, il serait peut-être suffisamment proche de ce dernier pour le battre au bout du compte. C'est ce qui arriva. Et presque aussitôt la victoire de Ferrari sur Alfa à Silverstone en 1951, les moteurs atmosphériques devinrent la norme. Il faudrait attendre 26 ans pour voir les prochaines tentatives sérieuses concernant les voitures turbocompressées.
La retraite d'Alfa à la fin de 1951 signifia également la rupture avec la tradition ancienne de voitures de Grand Prix à huit cylindres en ligne, même si cette configuration devait opérer un bref retour avec succès. La Ferrari 4,5litres était un V12, mais lorsqu'en 1952-53, ce fut la formule à 2 litres qui prit le relais, l'ingénieur Aurelio Lampredi se dit que l'avantage de puissance obtenu sur un multicylindre serait annulé par son poids et le manque de couple à bas régime des moteurs d'une cylindrée aussi limitée. Raisonnement qui se révéla juste, si l'on en juge par les performances réalisées par sa Ferrari 500 à quatre cylindres deux fois champion du monde. La Maserati 2 litres était un six cylindre, mais bien que sa vitesse de pointe fût supérieure à celle de la Ferrari, il n'avait pas les reprises de ce dernier et fut loin d'obtenir le même palmarès.
Lorsqu'en 1954 la Formule 1 s'ouvrit aux 2,5 litres, la controverse reparti à propos de la configuration idéale pour le moteur. C'est une formule qui devait avoir cours toute la fin de décennie, période au cours de laquelle des quatre cylindres en ligne, des six cylindres en ligne, des V6, des huit cylindres en ligne et des V8 ont tous connus la victoire. Ce qui tendait à se retrouver chez tous, cependant, était une architecture interne datant de cette fameuse Fiat de 1921 : Deux grosses soupapes par cylindre ainsi qu'un carter et un bloc solides pour autoriser des rapports course/alésage toujours plus élevés. Les années cinquante ignorèrent la technologie des multisoupapes qui faisaient fureur avant la Fiat, et ce n'est qu'au cours des années soixante qu'elle sera redécouverte. En attendant, le montage complexe de deux bougies par cylindre devait en partie tenir lieu de compensation.
La puissance des moteurs demeura le sujet primordial de préoccupation pour les ingénieurs tout au long de la décennie. La conception du châssis, quant à elle, connut une évolution beaucoup plus lente. Il fallut attendre 1954 pour que Maserati abandonne finalement son essieu arrière rigide non indépendant : quant au châssis, tout le monde continuait d'utiliser la structure en échelle. La tendance était à concentrer les rares efforts de développement sur la réduction de la hauteur des voitures, et donc de leur surface frontale, le plus souvent en faisant passer l'arbre de transmission non pas sous le pilote, mais à côté de lui.
Lorsque Mercedes revint à la compétition en 1954, la donne technique se trouva rehaussée, et ce bien que la configuration de leur W196 demeurât fondamentalement classique. Les innovations concernaient plutôt des points de détail que la conception globale. Le châssis franchissait un pas par rapport à la tradition des tubes soudés utilisés pour renforcer la structure en redistribuant la géométrie de cette tubulure de façon à transformer en une structure totalement portante et permettant de se passer des cadres en échelle.
Avec son moteur incliné, la voiture était plus basse sur la piste et son centre de gravité abaissé lui aussi par rapport aux autres voitures. A une époque où le carburateur était de mise, ce moteur bénéficiait d'une injection directe, ainsi que d'une commande de soupapes desmodroniques, à l'heure où les soupapes des autres voitures étaient actionnées par un système de ressorts moins précis et moins fiable. Elle était équipée de véritables amortisseurs, alors que la plupart des contemporaines faisaient encore confiance au type à bras rotatif ; et bien que ses freins soient encore à tambours, il étaye en position "inboard" afin de réduire la masse non amortie de la voiture.
Mais la particularité la plus remarquable de cette voiture était l'apparence sans concessions de sa carrosserie carénée. Le règlement de l'époque autorisait le carénage des roues - qui ne fut interdit qu'en 1961 - mais Mercedes était le seul à avoir profité de cette possibilité. Cependant, le bénéfice de sa moindre prise au vent en ligne droite était en règle générale annulé par une absence d'équilibre de la motricité dans les courbes rapides due à l'aérodynamisme de la voiture. De plus, la conception entraînait un surcroît de poids important, ce qui, sur la plupart des circuits les plus rapides où la vitesse était déterminante, tels que Reims ou Monza, donnait à la voiture cette forme caractéristique de "pantoufle" sur ses roues inclinées vers l'intérieur. Ce qui confirme que l'aérodynamique, s'agissant du relèvement de la voiture ou de sa force d'appui, et non plus de la simple prise au vent, en était encore à ses balbutiements, et mal connue.
A l'époque, Mercedes n'avait pas le monopole de l'innovation. L'écurie britannique Connaught a elle aussi développé un modèle de carénage des roues pour sa série B. C'était également la première voiture de Grand Prix à utiliser les freins à disques. Si cette compagnie avait disposé de capitaux nécessaires, l'histoire de la Formule 1 aurait pu être différente. Dès 1953 figurait dans ses cartons une voiture à moteur central et coque porteuse - ou monocoque - qui ne vit jamais le jour. Elle avait cinq ans d'avance sur son époque en ce qui concerne la position du moteur, et pratiquement dix ans pour la conception du châssis, lequel aurait rendu obsolète le châssis Mercedes lui-même, en appliquant à cette recherche les techniques de l'industrie aéronautique.
C'est à Vanwall que revint le mérite, entre 1956 et 1958, de maîtriser avec succès les avantages conjugués du freinage par disques et d'une conception saine de l'aérodynamique. L'écurie s'en alla prendre conseil auprès de Franck Costin, ancien ingénieur en aérodynamique chez Havilland, qui dessina une coque au nez allongé, haute à l'arrière, et dont la pénétration dans l'air était de toute évidence plus efficace que chez toutes les autres voitures, et qui cependant n'était pas affligée de cette absence d'équilibre à grande vitesse dont souffrait la carrosserie profilée de la Mercedes. Cependant, Costin lui-même ne franchit pas le pas de l'utilisation du flux d'air pour créer une force d'appui. Il faudra attendre encore une décennie pour voir ce phénomène faire son entrée dans la Formule 1, même si ailleurs l'ingénieur suisse Michael May travaillait déjà à cette idée.
Les freins à disque de la Vanwall étaient fabriqués par Dunlop. Le fabricant de pneumatiques prit également une part importante dans l'amélioration des records du tour en incorporant du Nylon à la gomme, ce qui assouplissait les flancs, et en favorisant le développement des pneus - à l'époque étroits comme des rubans - vers des largeurs de plus en plus importantes et des tailles de plus en plus basses. La résistance des matériaux signifiait également que les carénages des roues pouvaient être plus minces, ce qui abaissait la température. Cela permettait d'utiliser des composés plus tendres dans le but d'augmenter l'adhérence. On aura une idée de l'efficacité de cette démarche en constatant qu'en 1958, la Vanwall équipée de nouveaux pneus Dunlop tournait 3,8 % plus vite qu'en 1957.
Les chiffres sont encore plus frappants si l'on considère que la voiture avait vu sa puissance réduite de 30 chevaux à la suite d'une modification dans le règlement. Les compagnies pétrolières, à l'époque principaux sponsors de la F1, étaient vivement intéressées par l'emploi d'un carburant plus proche de celui que l'on trouve à la pompe à la place de ces cocktails bizarres d'azote et d'alcool utilisés auparavant.
Parallèlement, on raccourcissait les épreuves sous la pression d'organisateurs soucieux d'inscrire au programme des épreuves secondaires le même jour que leurs Grands Prix. La durée minimale fut ramenée de 500 km ou trois heures à 300 km ou deux heures.
Tout ceci fut parfaitement mis à profit par l'innovateur le plus formidable de l'époque : Cooper. Sa minuscule voiture dont le réservoir avait une capacité trop faible avant les changements pouvait désormais finir l'épreuve sans arrêt au stand grâce au raccourcissement de la distance à parcourir et à la réduction de la consommation des moteurs alimentés par le nouveau mélange plus léger. Elle n'aurait peut-être pas souhaité essuyer les plâtres, mais la Cooper à moteur central a été en fin de compte celle qui a orienté la conception des voitures de Grand Prix vers la modernité, ou quelque chose d'approchant. En 1958, son moteur Climax client rendait encore 60 chevaux aux Ferrari et aux Vanwall, mais avec ses 3870 kg, la voiture accusait environ 180 kg de moins, grâce en grande partie à son agencement. En plus de cela, son moteur monté en position centrale, en attirant la masse de la voiture vers le centre, conférait à cette dernière une agilité bien supérieure à celle des dinosaures de la concurrence. De plus, elle était favorisée en vitesse de pointe en ligne droite pas sa surface frontale beaucoup plus réduite.
Les Auto-Union avaient connu la réussite au cours des années trente avec leur moteur monté en position centrale mais pas au point d'être parvenu à changer la norme. De toute manière, en choisissant la solution du V12 et V16 démesurément longs, on avait escamoté l'un des principaux avantages de cette disposition, le centrage de la masse. Les Cooper, à l'inverse, atteignirent un tel niveau de performance en 1959 qu'elle firent finalement tomber l'un des bastions les plus âprement défendus dans le domaine de la conception des voitures de Grand Prix.
source: f1légende
--------------------------
Merci à Modena49
-------------------------
Image: Peter Collins au volant de sa Vanwall en Grande-Bretagne (1954)
| Accueil |
|---|
| Histoire F1 |
| Saisons 2007 et 2008 |
| Actualité du dernier mois (Mars) |
| Calendrier 2008 |
| GP de Bahreïn |